Petite histoire de France de Jacques Bainville - Philippe le Bel

 

 

Philippe IV le bel

 

 

Bataille de Courtrai dite bataille des éperons d'or - 11 juillet 1302 - Victoire Flamande - Nicaise de KeyserCependant, en ce temps-là, le roi de France trouvait toujours sur son chemin ou bien l’empereur d’Allemagne ou bien le roi d’Angleterre qui voulait l’empêcher d’achever son royaume. Car si notre pays était resté ce qu’il était alors, il serait bien petit, puisque de grandes villes comme Bordeaux, Lille, Nancy, Lyon et Marseille n’en feraient pas partie.

Philippe le Bel, le petit-fils de saint Louis, se proposait justement de reprendre les provinces de l’ancienne Gaule. C’est ainsi qu’il conquit la Flandre.

Mais les Flamands, qui ne parlaient pas tous français, et qui sont aujourd’hui nos amis les Belges, tenaient à rester indépendants. Comme ils étaient très batailleurs, ils se soulevèrent contre Philippe le Bel. A Courtray, ils jetèrent dans le canal un grand nombre de chevaliers. Désarçonnant les autres, ils les frappaient au défaut de leur armure. Les Flamands, comme signe de leur victoire, emportèrent les éperons des chevaliers français, de sorte qu’on appela cette journée la journée des Eperons.

Bataille de Mons en Pévèle - 18 août 1304 - Victoire Française - Charles Philippe LarivièrePhilippe le Bel alla aussitôt punir les Flamands. Dans le même temps, le pape Boniface VIII lui ayant adressé des remontrances, il ne les accepta pas. Et malgré le respect que le pape inspirait à tout le monde, Philippe le Bel envoya à Rome un de ses chevaliers, Guillaume de Nogaret. On trouva le pape sur son trône, la tiare en tête et les clefs de saint Pierre à la main. Un Italien allié des Français le frappa, dit-on, de son gantelet et l’aurait tué si Guillaume de Nogaret ne l’eût empêché en disant que le roi son maître , pour faire sentir sa force au « chétif pape », le prenait sous sa protection. Boniface VIII mourut bientôt, et son successeur vint habiter Avignon, où le palais des papes existe toujours.

Philippe le Bel n’admettait pas qu’il y eût en France d’autre pouvoir que le sien. Et le peuple, réuni dans l’assemblée des états généraux, l’approuva.

Jacques de Molay, grand maître des Templiers - Fleury François RichardPour faire la guerre et se défendre contre les ennemis, il fallait de l’obéissance. Il fallait aussi de l’argent. Il y avait alors une société qui en avait beaucoup. C’était celle des Templiers, et les Templiers, qui avaient de très grands domaines, formaient comme un état à part dans le royaume. Philippe le Bel les envoya devant les juges, qui condamnèrent Jacques de Molay, le grand maître du Temple, à être brûlé. Le reste de la société fut dispersé et ses biens saisis. On plaignit beaucoup ces malheureux.

A cause de cela, on a accusé Philippe le Bel d’être dur et méchant. On lui a reproché encore d’avoir fabriqué de la fausse monnaie. En ce temps-là, quand la caisse était vide, le gouvernement n’avait pas la ressource d’imprimer, comme aujourd’hui, des billets de banque. Il mettait dans des pièces de monnaie moins d’or et moins d’argent. Ce qui prouve qu’à toutes les époques on se tire d’affaire comme on peut.

Philippe le Bel avait beaucoup agrandi la France, qui devenait un beau royaume, ce qui rendait le roi d’Angleterre bien envieux. Et, malheureusement, les trois fils de Philippe le Bel, qui régnèrent l’un après l’autre, moururent sans avoir d’enfant, ce qui donna l’idée au roi d’Angleterre de réclamer pour lui la couronne de France.

 

 

Philippe le Bel