Petite histoire de France de Jacques Bainville - Henri II

 

Henri II de France

 

 

 

 

François de Lorraine, duc de GuiseAvec Charles-Quint il pouvait y avoir une trêve mais point de vraie paix. Le fils de François Ier, Henri II, ne tarda pas à s’apercevoir que l’orgueilleux empereur ne renonçait pas à démembrer la France. Mais Henri II eut auprès de lui un bon conseiller, le duc de Guise, prince lorrain, qui lui dit : «  Sire, n’allez pas perdre votre temps et vos peines en Italie. Si vous voulez mettre votre royaume hors d’atteinte, agrandissez-le du côté du Rhin. Il y a là des villes qui sont Françaises de cœur et qui vous accueilleront avec joie. »

Le duc de Guise disait vrai. Dès que les soldats du roi parurent, Metz, Toul et Verdun leur ouvrirent leurs portes, car ces trois cités n’avaient été séparées de la France, comme vous vous en souvenez peut-être, que par hasard, quand les héritiers de Charlemagne s’étaient partagé son empire.

Charles-Quint entra dans une grand colère en voyant que le roi de France avait avancé vers le Rhin jusqu’à y faire boire ses chevaux. Il jura de reprendre Metz. Mais le duc de Guise s’y jeta, non moins résolu à défendre la ville jusqu’à la mort. En vain lança-t-il ses meilleures troupes à l’assaut. Metz résista héroïquement, disant qu’elle ne voulait pas d’un vieux goutteux comme lui. Charles-Quint dut lever le siège. Et, cette fois, il renonçait pour de bon à venir à bout de la France. Il abdiqua, se retira dans une petite maison près d’un monastère et, comme s’il eût été déjà mort, fit dire une messe et assista à ses propres funérailles.

Son fils Philippe II ne fut pas plus heureux que lui. A son tour il attaqua Henri II et il fut encore repoussé.

La France avait décidément échappé à son ennemi le plus redoutable. Alors le duc de Guise fit une action audacieuse. Il avait sauvé Metz. Il entreprit de délivrer Calais, qui, depuis la guerre de Cent ans, restait à l’Angleterre. En huit jours la place tomba entre ses mains. A Londres la reine Marie en mourut de douleur.

« Si l’on ouvrait mon cœur, disait-elle, on y lirait le nom de Calais. »

Tournoi mortel d'Henri IIHenri II est encore un roi qui a laissé la France plus grande qu’il ne l’avait reçue.

Par malheur pour lui, il aimait trop les joutes et les tournois à la manière des anciens chevaliers. Il y était très adroit. Un jour qu’il s’était amusé à ces jeux, il voulut rompre une lance avec son capitaine des gardes, Montgommery. Les deux combattants s’élancèrent au galop l’un contre l’autre. Mais la lance de Montgommery se brisa sur le casque du roi et entra dans l’œil. Henri II mourut quelques jours plus tard.

Il ne laissait que de très jeunes fils dans un royaume agrandi et prospère, mais qu’allait ensanglanter une guerre civile plus terrible encore que celle des Armagnacs et des Bourguignons.

 

 

 

 

Henri II